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Trail-Raid-Aventure-EDF-Paluel

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Bienvenue sur notre blog réalisé pour créer un lien entre les membres de la section sportive du comité d'entreprise EDF de Seine Maritime, mais aussi vous faire partager notre passion pour les épreuves sportives en pleine nature.


Diagonale des Fous 2013: la course de Christophe

Publié par section trail Paluel sur 11 Novembre 2013, 11:00am

Catégories : #résultats Courses

Le grand raid de la Réunion par Christophe

Diagonale des Fous 2013

 

La course à pieds est généralement perçue comme un sport individualiste.

Or, ce que j’ai vécu lors du Grand Raid de la Réunion est complétement à l’opposé de cette idée reçue.

En effet, c’est un vrai moment de partage que j’ai ressenti. Partage avec mes camarades de course (Alain, Michel, Nicolas et Philippe), avec les autres participants rencontrés sur le parcours, avec nos accompagnateurs (Elisabeth, Josike, Renan et Sylviane) et les membres du Team EDF et avec tous nos supporteurs restés à la maison (Mayalen et les enfants, la famille, les amis, les collègues…) mais que je savais suspendus à leur ordinateur pour savoir où nous nous trouvions.

Le départ de la course a lieu ce jeudi 17 octobre à Saint Pierre.Nous arrivons de bonne heure sur la zone de départ mais il y a déjà énormément de monde. Nous avons même du mal à rejoindre la zone de contrôle des sacs.Après le contrôle, nous retrouvons Denis sur la zone de départ.

diagonale des fous 10 2013


Chacun se concentre, la pression monte, je pense à Mayalen et aux enfants restés à la maison mais qui m’accompagneront, en pensée, tout le long du parcours, Philippe tente de réparer sa montre au dernier moment au risque de se faire piétiner au départ…

Puis à 23h00, c’est la délivrance.

Le départ est donné sous un grand feu d’artifice.Les premiers kilomètres en bord de mer sont très roulants et il y a une foule énorme sur le bord de la route. Le grand raid est vraiment une fête énorme à la Réunion. On a même le droit à notre « Alpes d’Huez » dans une petite montée dans Saint Pierre. Il y a tellement de monde qu’on ne peut passer que l’un derrière l’autre et toute la foule nous acclame au passage.

C’était impressionnant. Mais il ne faut pas s’enflammer car la route est encore longue, il reste 160 km à faire.

Je cours avec Michel. Alain, Nicolas et Philippe sont déjà devant. Le sentier dans les cannes à sucre est plutôt sympa et original. J’en profite pour écouter les conversations des coureurs locaux. C’est amusant mais j’avoue que je n’y comprends pas grand chose…

Jusqu’au domaine Vidot, tout se passe bien. J’ai de l’avance sur les barrières horaires, c’est plutôt encourageant.

Quand tout à coup le compteur tombe à 0 km/h : un énorme bouchon. Pourtant, la monotrace est roulante… Je prends mon mal en patience en discutant avec les autres coureurs et je sors  ma veste car il commence à faire froid. Cet embouteillage va durer un long moment.

C’est un peu stressant, tout cela à cause d’une grosse descente dans laquelle il faut s’accrocher aux arbres pour ne pas finir en roulé-boulé…

Enfin, ça repart mais je ne suis pas au mieux. J’ai dû attraper un peu froid et mon estomac me fait des tours. Je n’ai fait qu’une quinzaine de kilomètre et je suis déjà obligé de mettre les doigts au fond de la gorge… Ça commence bien… Heureusement cela passera au bout d’une dizaine de kilomètres. 

Les premiers ravitaillements sont légers car comme je suis dans les derniers, il ne reste pas grand-chose.

Heureusement qu’il y a les stands EDF. Les bénévoles me bichonnent et m’offrent des pâtes de la soupe. Super, ça fait du bien.

La montée au Piton Textor se passe bien, un local me présente le paysage qui se dresse devant nous et c’est vraiment joli.

Je retrouve Michel et nous arrivons ensemble à Mare à Boue, qui heureusement cette année ne mérite pas son nom : le sol est sec du fait de la sécheresse qui règne sur l’Ile.

Sur le chemin, on discute avec un Toulousain, c’est sympa le trail, on rencontre plein de monde. Un bon petit ravito à Mare à Boue (saucisse pays) et ça repart.

La montée de Kerveguen est interminable et difficile mais ce n’est rien par rapport à la descente qui suit pour rejoindre Mare à Joseph avec ses pentes raides, ses marches d’escalier et ses échelles.

La Diagonale des Fous porte bien son nom et il vaut mieux être frais pour ne pas dégringoler en bas de la falaise.

Enfin arrive le stade de Cilaos, première base de vie, kilomètre 66. Michel et Alain sont interviewés à l’entrée du stade. Les Stars…

Après un changement de vêtements et de chaussures et un petit massage dans la tente EDF, je vais manger avec Nicolas puis j’essaye de dormir 20 minutes sous la tente équipée de lits. Impossible, il y a trop de bruit…

Je repars avec Michel et Nicolas, je dormirai plus loin et c’est décidé, en dehors des zones de ravitaillement…

Dans la montée du Taibit, je commence à être fatigué. Heureusement, il y a un stand « tisane ascenseur ». J’en prends un bon verre et c’est bon, ça réchauffe (mais je ne sais toujours pas ce qu’il y a dedans).

Après avoir basculé en haut du Taibit, j’approche de Marla. Avant le ravitaillement, il y a une belle plaine herbeuse. Je m’éloigne donc un peu du sentier, je règle mon minuteur pour me réveiller et je m’allonge pour 30 minutes de sommeil.

Finalement je me réveille tout seul au bout de 20 minutes. Heureusement car je me rends compte que j’avais oublié de mettre en route le minuteur… C’est fou ce que ça fait du bien un peu de sommeil, même très court. Alors que je commençais à ressentir une grande lassitude, me voilà reboosté.

Commence alors un beau tour dans le cirque de Mafate. Dommage qu’il fasse nuit…

diagonale-des-fous-14-2013.jpg

J’arrive à la Plaine des Merles avec Michel. Il doit normalement y avoir des lits dans la tente EDF. En arrivant à la tente, on se renseigne sur les passages des copains, Philippe est arrivé mais il n’est pas encore reparti. Il doit donc être en train de dormir.

Par contre, toujours pas de nouvelles d’Alain. C’est un peu inquiétant, il ne doit pas être au mieux…

Nicolas est juste derrière et on lui a promis de l’attendre au niveau des lits picots. En fait, il s’agit d’une tente avec deux petites « chambres ». L’une d’elle est déjà occupée (certainement par Philippe). Michel prend la deuxième. Je règle mon minuteur qui fait des bips pas très discrets (voir l’article de Philippe). Je m’allonge par terre et j’ai à peine fermé les yeux que Nico arrive en criant (bonne nuit Philippe) car il pense qu’on ne l’a pas attendu…

Heureusement, Michel lui propose de partager son coin de tente et ça le calme (le trail, ça crée des liens…).

A peine allongé, je me rends compte qu’il y a trop de bruit avec le groupe électrogène et je décide donc de repartir tout de suite en laissant les copains dormir. 

J’attaque alors le sentier scout puis Grand Place et enfin le Maïdo sous un soleil de plomb.

Une foule de supporteur encourage les coureurs en haut du Maïdo. C’est une vraie délivrance. Le Maïdo signe la sortie du cirque de Mafate. Le plus dur est fait mais il reste encore 50 kilomètres.

Au stade de Halte-Là (kilomètre 130) c’est la seconde base vie. On se retrouve avec Alain, Michet et Nicolas. Elisabeth, Josike, Renan et Sylviane sont là pour nous encourager.

Après avoir mangé un bon petit plat local, je décide d’aller me faire strapper les genoux. J’ai des douleurs depuis quelques temps et ça ne pourra que m’aider.


diagonale-des-fous-11-2013.jpg


Au ravitaillement du chemin Ratineau je rencontre Nicolas (un ami qui s’est installé à la Réunion il y a plusieurs années). Il attend sa sœur qui fait le Trail de Bourbon. On discute un peu et on se donne rendez-vous à la Possession. Malheureusement sa sœur abandonnera à Ratineau et je ne le verrai donc pas plus loin. 

A la possession, j’arrive avec Michel et Nicolas. Ils décident d’aller dormir sous la tente dans des lits picots. Pour ma part, je préfère dormir sur un banc, le confort, point trop n’en faut… Je me réveille au bout de 20 minutes et là surprise, je ne trouve plus Michel ni Nicolas. Je soulève toutes les couvertures de survie mais je ne trouve que des coureurs locaux… Les c…, ils ne m’ont pas attendu…

Je repars donc en catastrophe et j’attaque le chemin des anglais avec deux coureurs locaux avec qui je discute un peu. Ils sont du coin et s’entrainent régulièrement dans les parages. Ce chemin est terrible pour les pieds, les pierres ne sont pas régulières et les ampoules arrivent.

Au ravitaillement de la grande chaloupe, je retrouve Michel et Nicolas qui repartent. Ils m’apprennent qu’Alain est derrière, il s’est arrêté dormir. Il me rejoint peu de temps après et nous repartons ensemble.

Sur le chemin du Colorado, j’ai un coup de moins bien car ça fait longtemps que je n’ai pas dormi. Il m’arrive de tituber.

A la tente EDF du ravitaillement de Colorado, nous nous retrouvons tous les 5. Il ne reste que 4 kilomètres à parcourir mais je préfère dormir un peu avant d’attaquer la descente vers Saint Denis.

Michel, Nicolas et Philippe repartent pour ne pas avoir froid et Alain attend que je me réveille.

On repart ensemble et on se regroupe tous les 5 en bas de la descente pour franchir la ligne d’arrivée ensemble.

A 10h27 ce dimanche 20 octobre, c’est la délivrance : on franchit la ligne d’arrivée tous ensemble.

On a survécu…


diagonale des fous 9 2013

En plus, l’arrivée est diffusée en direct sur la chaine Réunion première et Mayalen et les enfants peuvent donc me voir arriver en prenant leur petit déjeuner…
Lors de ce Grand Raid 2013, nous avons vécu une belle aventure sportive mais surtout une grande aventure humaine.

C’était un vrai bonheur de retrouver régulièrement Alain, Michel, Nicolas et Philippe sur le parcours et de pouvoir parcourir un petit bout de sentier avec eux.

Et que dire de cette arrivée main dans la main, tous les cinq, au stade de la Redoute ? GRANDIOSE !!! J’en ai encore des frissons rien que d’y penser...

Je tiens à remercier nos quatre accompagnateurs de choc (Elisabeth, Josike, Renan et Sylviane) pour leur aide et leurs encouragements ainsi que le Team EDF qui a toujours été au petit soin et qui nous a apporté beaucoup de réconfort.

Enfin, un grand merci à tous ceux qui n’ont pas pu nous accompagner à la Réunion mais qui nous ont apporté encouragements et soutien en nous suivant sur internet (ou à la télévision) et en nous envoyant de petits messages, le fait de penser à vous lors des moments difficiles (et il y en a eu quelques-uns…) a vraiment été d’une grande aide.

Comment se laisser aller lorsqu’on sait que l’on est suivi de cette manière ? 

A tous ceux qui envisagent de participer à ce Grand Raid, n’hésitez pas, inscrivez-vous. Mais surtout préparez-vous bien (physiquement, mais surtout mentalement) car ce n’est pas de tout repos… 

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